Ma plume s'extasie. Ma plume, mon ecstasy.

24 août 2009

 

 

Suzy B.

Photographe & écrivain amateur.

S

Facebook || Mélancomique (nouvelle) || Photos


Posté par SuzyB à 19:21


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J'aimerais m'éteindre dans un dernier souffle, sur une dernière mélodie pianotée. J'aimerais quitter Paris, un instant. J'aimerais retenir ma respiration, juste pour voir combien de temps je tiens. Sous l'eau. Je voudrais pouvoir retenir mes mots, mais je n'y parviens pas. Je les couche tous sur le papier, sans retenue aucune. Au risque d'être incomprise. Je souffre d'une sensibilité aiguë. C'est calme, c'est calme. Et un jour, ça pète. Explosion. Ma cage thoracique contient une bombe à retardement. Mon cœur est amoureux, mais il a mal quand même. C'est un petit sablé, fragile. Croquez pas dedans.

 

Posté par SuzyB à 19:45

 

Sans_titre_2

S

Je m'en suis déjà tapé pas mal, ce soir.
Mais toi, t'es bien roulée.
Je te choisis, parmi tant d'autres,
Allure filiforme, parfum mentholé.
Et dans un geste mécanique,
Je t'allume, ma belle.

J'tire mon coup.
Hmm, c'que t'es bonne...

 

Posté par SuzyB à 19:57

30 août 2009

Sans_titre_2

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Mon cœur. Fragile. J'ai pas fini d'en parler. Pas fini de parler de mon cœur, de mes poumons, de mon estomac. Un vrai bordel dans ce corps humain. Déglinguée... Je ressens encore parfois les fissures, les dégâts. Comme les feuilles d'automne qui tombent, tombent, dansent, dansent, gracieuses, une valse endiablée avec le vent. Chaque mois de septembre, mon cœur comme un arbre perd ses souvenirs. Et volent, volent les souvenirs. Et tant mieux. Emporte-les, belle brise. Fragile, mon cœur. Fragile, mes poumons... Mes poumons, ces salauds qui me lâchaient il y a deux ans. Ils s'étaient amourachés d'une belle pneumonie & ont failli partir vivre avec. Elle a fait sa valise, après quelques mois d'une amourette puérile mais mortelle. Aujourd'hui, ils ont trouvé du réconfort auprès d'une belle dame nommée Nicotine. Qu'il est doux, ce nom. Mon estomac ? Fragile, aussi. Anorexie mentale, tu parles. C'est pas de ma faute, qu'on me dit. Rien n'est de ma faute. Et ça passera, avec le temps, ce dégoût de la nourriture. Manger m'écœure, ça me tord le ventre, ça me tord le cœur. Tiens, le revoilà, lui ! Ce connard de cœur, qui bat pas bien vite. Qui accélère quand bon lui semble. Qui ralentit, quand j'ai besoin de lui. Qui me fait mal, qui me torture. Parfois. Puis souvent. & L'angoisse ? N'en parlons pas ! L'angoisse... Cette salope d'angoisse qui me fait dégouliner de trouille, qui porte à mes lèvres une cigarette de plus. Histoire de me calmer. Là, tout doux, ne t'en fais pas, ça va passer. L'angoisse me prend à la gorge, dans une longue étreinte passionnée. Respirer, je n'y arrive plus. Prendre sur moi, je n'y arrive plus. Pleine de larmes, je déborde, comme une bombe dont le tic tac cessera bientôt, laissant place à la détonation. Tic Tac. Tic Tac. Tic Tac. BOUM.


Posté par SuzyB à 16:22

 

 

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Donne-moi ta langue... C'est exquis.


Beaubourg Place Beaubourg, il y a des gens qui passent. Il y a cette blonde qui boit une bière fraîche à la terrasse. Il y a des gens qui s'aiment, des gens qui se câlinent, des gens qui s'embrassent, autour de la fontaine. Il y a ce brun là bas, qui joue de la guitare. Il y a des bruits de tasses, de verres, de couverts et d'assiettes. Il y a des mots, des rires acidulés et même des silences. Place Beaubourg, il y a des gens qui rient, qui sourient, qui pleurent, parfois. Il y a des gens qui s'engueulent, des gens qui sont seuls. Place Beaubourg, il y a la photographie, il y a l'amour, il y a la solitude et il y a le ruissellement de l'eau. Il y a des enfants, des femmes grisées, des hommes souriants et de la musique. Il y a des inconnus dont on aimerait connaître la vie. Il y a des gens qui lisent, des gens qui pensent, des gens qui attendent, des gens qui se retrouvent, des ruptures, des retrouvailles, des baisers, des caresses.
Place Beaubourg, parmi tout, il y
avait nous.

 

 


Posté par SuzyB à 16:31




31 août 2009

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Shadows

L'odeur de mon père, c'est l'odeur de la clope. Et c'est vrai, qu'il est plus tout neuf, qu'il est tout usé par la vie, mais il ne vieillit pas à mes yeux. Je ne l'ai pas bien souvent serré dans mes bras, mais je connais son odeur, celle de ses habits, de ses joues et même de son appartement. Celle de la clope qu'il consomme à la vitesse avec laquelle la vie le consume. Ce que j'aime chez ma mère, c'est ses mains; des mains qui ont beaucoup travaillé, beaucoup cuisiné, des mains ridulées, des mains écorchées. Ce que j'aime encore plus, c'est quand elle épluche des pommes. C'est un geste quotidien, un geste de mon enfance, parce que les pommes, elle adore ça. Mon grand-père, lui, il aime le piano. Quand je vais chez lui, je lui demande toujours de jouer la sonate au clair de lune, de Beethoven. La mélodie qui s'échappe de son piano à queue mal accordé, c'est celle qui me fait le plus pleurer. Je pourrais passer des heures, à écouter la symphonie de ses doigts sur les touches. En fait, je suis pas très famille. N'empêche que j'aime ces petits détails. Futiles & inutiles...

 


Posté par SuzyB à 21:10

02 septembre 2009

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Les petits mots amoureux, fous.

J'ai pris place aux côtés d'une femme ridée qui parlait toute seule. Place assise numéro vingt-quatre de la voiture sept. Le train n'allait plus tarder à partir; à présent. D'ailleurs je sens les premières secousses, les premiers grognements du moteur. Je ressens pour la troisième fois consécutive cette foutue envie de partir en courant, juste pour te rejoindre. Qu'importe la famille, les vacances, le coût ahurissant du billet et la déception de mon père. Et pour la troisième fois consécutive, je ne bouge pas de là. Le train ferme ses portes, je ferme mes yeux. J'attends que le train démarre pour enclencher la musique et la laisser m'envahir jusqu'à faire frissonner ma peau. J'ai la sensation qu'on a composté mon cœur. J'ai si mal de partir loin de tout. Plus le temps passe, plus je me déchire de ne t'avoir près de moi. C'est alors que je les vois. Les deux amants, scotchés l'un à l'autre. Elle lui gratte le dos, elle lui passe la main dans les cheveux pendant qu'il s'endort confortablement. L'envie de pleurer me parcourt de plus belle. Je maudis ce couple qui s'embrasse, s'enlace et se mélange devant ma solitude. Cette connasse de solitude qui me suit, qui me colle à la peau. Tu me manques tellement.

Il a neigé toute la journée. Dans mon cœur aussi c'est l'hiver. En moi, l'ennui et le délassement règnent, prenant chaque jour un peu plus de pouvoir sur mon organisme. Je suis déglinguée, je fonctionne plus, je suis en panne. Mais je ne sais pas si mettre de l'essence sur mon cœur le réparera. Au pire, je pourrai le faire flamber. Il suffit d'une allumette, il suffit de toi. Tu l'enflammes, en un regard. Il suffit que tes yeux montent au plongeoir et se jettent dans le grand bain des miens. Qu'ils s'y plongent. Qu'ils s'y noient. En attendant, c'est moi qui me noie. Je me perds dans un ennui considérable. Entre vivre sans toi et se retrouver seule sur une île déserte, je ne vois pas la différence. Dans les deux cas, je suis paumée. Et puis, je suis vide, de toute part. Je suis amourrovore. Ce mot n'existe que depuis la seconde où je l'ai couché sur le papier et pourtant il est clair, net et précis, limpide comme l'océan de tes yeux. Oui, je me nourris d'amour. Je me régale de tes mots sucrés, je me goinfre de tes caresses, je dévore ta douceur accompagnée de ta perfection. Bon appétit, merci. Seulement ce soir, je suis affamée de toi, vois-tu. Assoiffée de ton amour, je me plains de tout. J'ai mal du compostage de mon cœur, j'ai froid de mon être enneigé, j'ai faim de toi, soif de te retrouver. Je n'en rajoute pas, je suis pas pessimiste, je ressens tout comme ça. C'est ce que mon engourdi de cœur me dicte et m'ordonne d'écrire. Je ferme les yeux de la pièce, je ferme les volets de mon visage. Sous mes paupières, ton image se balance sur la balançoire de mes cils. Je plonge, dans un songe de toi, jolie fée.

La neige est devenue glace glissante. Je ne marche plus, je patine sur un sol dégoulinant de tristesse. J'ai pu entendre ta voix, en cette soirée ennuyeusement hivernale. Tu as fait fondre quelques montagnes sur mon cœur triste, par la chaleur de ton amour, par la tiédeur de tes mots. Ce festin pour mes tympans n'a duré qu'une dizaine de minutes et je ne suis pas rassasiée. J'ai toujours aussi faim de toi. J'ai eu ce pincement au cœur, ce picotement des yeux, au moment de raccrocher. Je ne suis pas entière, je ne suis pas vivante. J'ai plongé dans un coma amoureux depuis que je t'ai laissée devant chez toi. C'est notre étreinte qui me sortira de là, je ne guérirai pas avant. Mon cœur dépérit loin de toi, beaucoup trop loin de toi. Il se décompose, lentement. Il n'est plus que pelures de cœur. Panse-moi. Pense à moi. Penser à toi. C'est tout ce que je sais faire. Penser à tes cheveux qui se promènent le long de ton visage, tes cheveux qui, parfois, viennent chatouiller ma bouche amoureuse. Imaginer, jusqu'à sentir cette sensation, de les avoir entre mes mains, tes boucles douces. Penser à toi. Et puis te dévorer des yeux, bouffer cette image pixelisée, imprimée dans mes iris, te croquer toute crue, toute nue sous mes doigts affectueux. Comme si tu étais là, alors que non, alors que tu es loin. Vouloir t'enlacer et voir mes bras se refermer sur le vide. Devant moi, il n'y a que les kilomètres que j'étreins, un à un, au fur et à mesure du voyage. Car même si le train s'est arrêté, je continue de m'éloigner et de ressentir toujours et encore, ces centaines de paysages m'éloignant de ton visage. Ton image se floute, petit à petit, plus mes yeux s'ouvrent grand, plus mon cœur comprends. - Elle est loin, la belle brune qui m'habite, se dit-il. Tout mon être malade se met à comprendre. Du bouche à oreille, il me semble, de l'oreille à la bouche, tous se disent, se font passer la nouvelle. Chacun des organes est au courant, aujourd'hui. Ils se soutiennent mutuellement, mais c'est dur pour tout le monde, sans toi. Sans toi, il y a quoi ? Il y a le café, mais il est amer. Il y a la musique, mais je suis sourde. Il y a les autres gens, mais je ne les vois même pas. Il y a les mots, mais je suis muette. Car tout en moi est foutu. Il ne me reste que l'écriture. Fidèle compagne, elle est ma respiration. Tu es mon inspiration, ma muse.

Pour une fois, la météo avait raison. Il pleut. Ou plutôt, il fait beau dehors mais il pleut. Il pleut sous mes yeux, qui n'en peuvent plus de ce climat humide, il pleut, il grêle, sous mes yeux, depuis trop longtemps.

À des années lumières de toi, je prends du recul. Cette distance me permet de réfléchir, de constater, de me rendre compte. De tout cet amour qui sort de moi, de toute sa force. Ce n'est que plus douloureux de constater par la suite, ton absence pesante. À des années lumières de toi, mon cœur virevolte tristement, te cherchant désespérément sans jamais te trouver. Mon cœur craquelé me conjure de le ramener près du tien, mais je n'y peux rien et je lui fais comprendre que la patience l'aidera. Seulement, mon cœur est si têtu qu'il décide de me faire mal, en s'agitant sous ma peau, en tournoyant dans la neige qui l'enveloppe doucement. Laissons-le, laissons faire, le temps agira, laissons l'organe guérir et se calmer, t'attendre et te retrouver. Enfin.

Ma bouche est sèche et gercée, de ne pouvoir t'embrasser.

Je ne me rends pas bien compte de tout ce qui se dresse entre nous deux, je crois. Des kilomètres, des heures, des paysages, des jours, des villes, des minutes, des gares, des secondes, des rails et des frontières. C'est énorme, c'est horriblement trop. La miniature de toi est descendue de mes cils-balançoire, s'est changé les idées dans mes yeux-baignoire, a patiné sur mon être-patinoire pour finir par se lover dans mon cœur banal. Puis elle a dépassé la frontière de mon cœur pour parcourir tout le reste. Des organes aux veines en passant par les muscles, elle a drôlement voyagé. Tu me hantes de partout. Mon cœur déborde, j'ai de l'amour jusque là. Je suis malade, je vomis des mots tendres dont la destinataire est trop loin pour les entendre. Je pleure des flocons, je m'étouffe, je m'écroule, sous l'obésité de mes sentiments écrasants. C'est lassant, toute cette tristesse. Après tout, une semaine ce n'est pas grand chose dans une vie. Je suis une idiote. Pleurer comme ça, nan mais franchement. Faudrait arrêter de jouer au petit poucet en semant des larmes sur ma route. D'ailleurs, elle est pas bientôt finie cette putain de route ? Faudrait arrêter de tout dramatiser.

Je suis passée devant une vitrine. J'ai tellement la tête dans les nuages que je ne me souviens pas de ce qu'elle contenait. Par contre, je me souviens y avoir croisé mon reflet, pas aimable du tout. - Nan mais tu t'es vue ? Tu t'es vue aujourd'hui ? T'as l'air con avec ton rimmel qui coule ! Arrête un peu de traîner cette déprime débile ! Mais oui, tu nous emmerde avec tes larmes ! Et puis, y a pas que cette fille au monde, il m'a dit. -Ferme-la, je lui ai balancé. Il peut dire ce qu'il veut, m'insulter si il veut, mais jamais, jamais dire qu'il y a d'autres femmes sur Terre. Vous croyez que je les vois, les autres ? Vous pensez que j'ai besoin des autres alors que j'ai la meilleure de l'univers ? Vous êtes ignorants de l'amour, du grand amour. Ou vous n'avez jamais croisé ma brune. Depuis que nos chemins emmêlés forment notre autoroute, je n'ai plus besoin de rien. Vous verrez, quand vous aurez votre autoroute, ça change tout. Parce que l'être aimé devient tout. Enfin bref, j'ai laissé la vitrine et mon reflet, tous les deux, avec tous les autres reflets de cette ruelle. J'aurai voulu laisser aussi mes larmes et mes sourires hypocritement brisés. J'aurai voulu laisser tous mes maux dans cette vitrine. Au lieu de ça, j'ai laissé tous mes mots sur une feuille, à la lueur d'une bougie. Des mots mouillés, car j'ai aussi laissé des larmes naviguer sur la feuille, errer sur mes joues, pour mourir dans le creux de mon oreille. Des mots démodés, dont tout le monde se fout. Parce qu'aujourd'hui, l'amour n'est plus. Ou presque plus. On a oublié le temps des déclarations aux balcons, des messages dans le ciel, des moments précieux et le temps des sentiments éternels. On n'y croit plus. On en a peur. On ne promet plus. On se pisse dessus à l'idée de de passer toute sa vie avec la même et unique personne. On se marie pour mieux divorcer. On fait des enfants pour se plaindre par la suite. L'amour, tout en pixels. L'amour, virtuel. L'amour, l'amour, suis-je la seule à y croire encore ? Je conjugue l'amour à l'éternel. Voici voilà, le temps adéquat, la durée de toi et moi. J'accorde l'amour à ton prénom. Voici voilà, ma définition. Et je jure devant ma glace, de t'aimer toujours. N'empêche que la tristesse s'installe, on dirait qu'elle veut rester là un bout de temps. Je fais des efforts surhumains pour la chasser, bien qu'elle ne me dérange pas. Je l'aime, moi, la tristesse. Elle me plaît, elle est somptueuse dans son manteau noir. Enfin non, ça c'est moi. Mais on dit que je suis la mélancolie incarnée. Cependant, je crois qu'elle dérange les autres, à prendre tant de place tout autour de mon corps. Alors je tente vainement de la camoufler derrière quelques sourires peu convaincants. Tant pis, je n'aime pas faire semblant. J'aurai pourtant essayé. En pensant à tout un tas de trucs joyeux et apaisants. J'ai pensé à nous deux, toi et moi, yeux dans les yeux, ce genre de cliché pourri qui rafistole le cœur, qui le retient quand il se barre, qui retient l'autre quand l'autre se casse, qui fait chaud aux organes gelés. Ce genre de cliché pourri qui m'aide à tenir le coup. J'ai aussi pensé au premier regard, à toutes ces premières fois belles et stupides. La première étreinte, le premier baiser, la première promenade, enlacées, sous la pluie, la première nuit. Tous ces instants qui durent une fraction de seconde ou quelques minutes et qui sont là, sous la poitrine, pour toute la vie. Tous ces instants, qu'on emportera jusqu'au ciel ou plus loin. Tous ces instants que les romantiques ne se privent pas de citer dans leurs romans à l'eau de rose. Tous ces instants que je ne me prive pas de citer. Par peur d'oublier, peut-être. Par pur amour des mots, par pur amour pour toi. Pour te montrer comme je ressens les choses, pour te montrer que je n'oublie pas, même les instants que tu oublies. Un jour, on se souvient. Je me suis souvenue, d'un arrêt de bus bondé, d'une attente glaciale d'un bus qui n'arrivait pas. Quand tu m'as enlacé. Alors ta bouche a esquivé la mienne pour aller rencontrer mon cou. Tu as embrassé ce dernier avec tendresse et passion, avec fièvre et douceur. Ce baiser fut si magique et inattendu, qu'il m'est impossible de l'oublier. Impossible de ne pas le citer. Mais possible de le revivre.

Le calvaire est fini. Le voyage recommence, dans l'autre sens. Cette fois, il passe très vite, comme si mon cœur était sorti de sous ma chair pour aller pousser le train, avec toute la force de mon amour pour toi. On s'est retrouvées sur le quai de la gare de Lyon. C'était loin d'être un cliché, pour une fois. C'était loin des deux amants au ralenti qui se retrouvent enfin. C'était loin de ça. C'était juste moi, seule sur le quai, te cherchant des yeux, te bombardant d'appels auxquels tu ne répondais pas. J'étais décoiffée, démaquillée et fatiguée. Et là, je n'ai vu que toi.

Posté par SuzyB à 20:12

25 octobre 2009

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Est-ce que c'est ça l'amour ? Souffrir de jalousie, tout le temps, souffrir quand l'autre nous manque. Demeurer insatisfait, qu'il neige ou qu'il vente. Il y aura toujours plus malheureux que notre petite personne, évidemment. Mais vous croyez qu'on en a quelque chose à foutre, des autres ?

Lison était pâle comme une feuille sans mots mais elle était belle malgré tout. Elle avait le cœur en miettes, un vrai petit sablé. On ne distinguait plus ses yeux, sous ses cernes violettes, qui ne cachait rien de sa mélancolie. Elle aurait bien ouvert son cœur à quelqu'un, mais il était déjà éventré de toute part. Une plaie béante, des nuits de spasmes et de fièvre; tout ça à cause de la solitude, qui prenait toute la couette et toute la place du grand lit. Lison avait le cœur en hiver, qui tambourinait. Elle avait les poumons vidés et les yeux pleins d'illusions fanées. Elle avait la chair fragile, sensible à la brise la plus tendre. Les jours s'écoulaient silencieusement... Lison dormait le jour, pleurait la nuit et ne mangeait plus. Elle reprochait tout à tout le monde, juste pour se dire " Ce n'est pas ma faute, c'est la leur. "  Et personne n'y pouvait rien, à ses larmes.

Posté par SuzyB à 11:10

03 novembre 2009

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Heureusement que je t'aime...
Sinon j'en aurais déjà eu marre.

Je crois que ça y est. C'est plus le bordel dans mes pensées. Je sais pas si c'est le café, le temps ou la déchirure. Mais quelque chose m'a fait réagir. Enfin. Je sais pas si c'est tes yeux, mon cœur ou mon âme. Mais quelque chose m'a dit de faire le tri. Je crois que ça y est, c'est enfin clair. C'est comme une myope qui avait perdu ses lunettes et qui, soudain, les retrouve. J'ai fait la différence entre ce qui était important, ce qui ne l'était pas, ce qui ne l'avait jamais été. J'ai appris à ne pas penser qu'à moi. J'ai appris ce dont je me doutais. J'ai eu mal. Terriblement mal. Je sais pas si c'est les mots, les larmes ou la symphonie des deux. Mais quelque chose m'a fait mal. J'en ressens encore la fissure, minuscule, invisible et pourtant pas indolore, en plein dans le thorax. Paf. Je sais pas si c'est ton regard, mes erreurs ou First Rendez Vous de Yann Tiersen. Mais quelque chose m'a bouleversé. C'est arrivé, comme ça, je sais plus pourquoi, je sais plus comment et je sais même plus quoi, des mots tranchants, je crois, des maux géants et de la déception, des regrets, des remords, des reproches, des points d'interrogations solitaires. Un milkshake saveur sentiments multiples, l'espace d'une seconde. Tir en plein cœur, hémorragie. Tire en plein cœur et vois ce qui en découle. Des yeux gonflés, des poumons vides, une âme meurtrie. Alors que. Alors que tout est mieux ainsi. C'était inattendu. J'ai cru tomber. Je n'en pouvais plus. Mais je suis debout. Il est mort, le joyeux bordel qui se tramait là-haut.


Posté par SuzyB à 20:59

03 décembre 2009

SB___

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C'est fascinant. C'est stupéfiant. En quelques secondes, on peut être tout un tas d'adjectifs successifs. Amoureux. Naïf. Peureux. Aveugle. Indécis. Perdu. Anxieux. Déçu. Souffrant. Haineux. Insatisfait. Et con. C'est dingue à quel point on peut être con. Et ça vous bouffe le cœur, et ça vous brûle à l'intérieur, ça vous rend malade, ça vous rend fou, ça vous ronge, ça vous dévore l'âme, ces conneries. Et à trop vouloir pleurer, il n'y a plus de larmes en stock. Le cœur est vidé, éventré, fissuré. Il est plus fort, ou plus faible, on ne sait pas, on ne sait plus. Le cœur se jure de ne plus s'offrir, de ne plus souffrir, de ne plus s'ouvrir. Il n'y a rien à pleurer, juste des peines à ravaler. Et des rêves à remballer. C'est décidé, je claque la porte. Une valise dans une main, des souvenirs dans l'autre. Des souvenirs, j'en ai des tonnes et des  tonnes. Des tonnes de trucs cons et pourtant si forts, que je revivrai jamais. Je viens d'entendre la porte se fermer derrière moi. Je n'ai aucun regret de partir. Et puis, je me souviens. Des nuits d'été, d'hiver, et de celles d'automne. Je me souviens comme on riait, comme on s'aimait, comme on s'embrassait, comme on s'enlaçait. Et tes mots, tes mots. Ils m'en ont fait verser, des larmes. Ils m'en ont fait voir, des couleurs. Et tout s'entremêle, et déjà me revoilà. Mais toi, tu t'en vas. Tu reviendras. Tu reviens, en effet, mais je m'en vais. Puis je reviens. Et je jure de t'aimer. Mais déjà, tu t'enfuis. Puis tu reviens. Et tu me jures de rester. Mais tu t'en vas, de nouveau. Et tu reviens. Mais je m'en vais.

Je reviens. Et je ne te promets rien.

Posté par SuzyB à 19:00